Walton Ford, peintre du passé ?

« Je ne m’intéresse pas aux animaux domestiques qui choisissent de vivre en compagnie des êtres humains. Je m’intéresse à ceux qui ont décidé de garder leurs distances à notre égard. Quand ils nous voient arriver, ils s’enfuient ou nous sautent dessus et nous mangent, mais ils n’acceptent pas de vivre dans nos villes et nos maisons et de partager nos repas. Ce sont elles, les bêtes sauvages, et elles sont plus nombreuses que les animaux domestiques, mais les êtres humains et leurs animaux de compagnie envahissent la planète. Il y a de moins en moins de place pour les animaux qui ne veulent pas partager leur temps avec nous. » [1]

Si vous vous rendez au Musée de la Chasse et de la Nature (à Paris), vous découvrirez d’étonnantes toiles évoquant les planches zoologiques du XVIIIème et XIXème siècle. Mais ne vous laissez pas tromper, l’artiste est bien l’un de nos contemporains. Né en 1960, Ford s’intéresse à la représentation des animaux sauvages. Et si à première vue, comme pourrait le ferait un zoologiste, le détail semble être le seul soucis de l’artiste, les animaux apparaissent en vérité dans des scènes décalées pleines de cocasseries. La contradiction qui réside entre cette représentation proche des planches animalières, qui souligne le caractère sauvage des animaux, et le cadre parfois surréaliste dans lequel ils évoluent, crée une jolie poésie. C’est aussi un travail riche en références, qui s’amuse de métaphores sur la condition humaine

Automne 2015

[1] Extrait de l’entretien réalisé par Jérôme Neutres dans l’atelier de l’artiste à Tribeca, New York, en février 2015. « Litterae Meae »bit.ly/1kkdiWF, Consulté le 19 octobre 2015

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