Kees van Dongen : bohème et mondain

Bien connu pour ses portraits de femmes, Kees van Dongen affirmait, quand on lui demandait la recette à suivre, avec son ironie bien particulière : « Le secret de mon succès ? Peindre les femmes plus minces et leurs bijoux plus gros ».

Né a Rotterdam en 1877, il mourut à Monaco en 1968. Proche du mouvement anarchiste dans ses jeunes années, il s’adonnait alors, en plus de la peinture qui ne lui permettait pas de vivre, à l’art de la caricature. Scènes de cabaret, spectacles forains, son style bohème et provocateur dépeignait notamment les déclassés. Par la suite, quand le succès lui sourit, les prostituées des quartiers pauvres furent remplacées par les mondaines du Paris des années folles, mais sa peinture conserva un caractère rieur que sa palette chatoyante renforce. Car en effet, s’il y a bien un élément qui marque lorsqu’on est face à ses oeuvres, c’est l’association entre les couleurs ; où des verts se mêlent aux rouges, où des bleus se perdent dans les orangers, pour définir les contours d’un visage, la matière d’une étoffe. Si avec la réussite émergea un style bien défini, que certains taxèrent d’académiste, en vérité Kees van Dongen ne se laissa jamais enfermer. Membre du mouvement des fauves depuis l’exposition du salon d’automne en 1905, il y occupa néanmoins une place atypique, entretenant son originalité jusqu’à la fin. Ses sujets, sans cessent renouvelés, abordés avec ironie et de manière décalée, rendent son œuvre particulièrement variée.

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